Les phases du deuil d'un parent existent-elles vraiment ? Non, c'est une spirale...

Le deuil est une expérience universelle, et pourtant profondément intime. Que l'on perde un être cher, une partie de soi, ou encore une relation, le processus de deuil vient bouleverser notre équilibre intérieur.

On entend souvent parler des "phases du deuil" — les cinq étapes popularisées par Elisabeth Kübler-Ross — mais une autre image mérite selon moi d'être explorée : celle de la spirale du deuil.

Le processus de deuil n'a rien d'une courbe ascendante comme on a souvent l'habitude de nous le présenter. En tout cas, ce n'est clairement pas de cette façon que je vis le mien, et l'avoir conscientisé me permet aujourd'hui de mieux le comprendre, de mieux l'appréhender, et d'être rassurée sur le fait que « j'avance » sur le chemin — même si celui-ci me semble parfois plus douloureux au fur et à mesure que le temps passe.

En quelques mois, ma vie a basculé. En septembre 2024, j'ai perdu ma maman d'un cancer : elle n'avait que 65 ans. En avril 2025, c'est ma fille de 18 ans, Camille, qui est partie, emportée par une leucémie. Deux deuils, coup sur coup.

Je ne saurais dire ce que ces mots provoquent chez les autres, mais pour moi, ils ont tout brisé.

D'un coup, je suis entrée dans un espace sans repères — un tsunami d'émotions violentes, confuses, incessantes : la culpabilité, la colère, la tristesse. Et au milieu de tout ça, j'ai découvert cette spirale du deuil.

Pourquoi parler de spirale et non d'étapes ? Parce que plus j'avance dans ma traversée du deuil, plus je m'aperçois que je revisite les mêmes émotions, les mêmes pensées — mais à des profondeurs ou des hauteurs différentes.

Parfois, on croit avoir « dépassé » une douleur, et on la retrouve plus tard, sous une autre forme, plus subtile ou plus intense.

Ce n'est pas un retour en arrière : c'est une évolution.

Réaliser cela est pour moi très précieux. J'ai passé un certain temps à ne pas me reconnaître dans le schéma classique « en courbe ». À chaque « retour de bâton », j'avais l'impression que l'émotion était plus forte et plus intense que la fois d'avant, et je me disais : « C'est pas possible, je vais pas supporter, j'ai l'impression que c'est de pire en pire. »

J'avais d'ailleurs surtout la sensation de vivre l'image d'un escalier qui descendait toujours plus bas — avec des pauses au niveau des paliers, où je vivais un semblant de mieux — pour finalement retomber encore plus bas à l'étape suivante. Si bien que je ne me retrouvais pas non plus dans cette idée que « le temps fait les choses ».

La spirale du deuil nous montre que le temps ne « guérit » pas tout, mais qu'il transforme. Et là, ça résonne en moi.

Chaque passage dans la spirale nous donne l'occasion de creuser un peu plus profond — de « guérir » un espace supplémentaire à chaque fois. Revenir sur une douleur ne veut pas dire régresser. Cela peut être le signe que nous avons gagné en profondeur, et que nous sommes prêts à regarder un aspect que nous ne pouvions pas affronter plus tôt.

C'est plus profond, souvent plus douloureux — mais c'est un passage obligé, un passage qui vient à nous quand nous sommes prêts à l'accueillir, et pas avant. C'est un processus de guérison qui nous appartient entièrement.

Le deuil n'est pas une maladie à soigner, mais un processus à vivre pleinement. On ne « tourne pas en rond » quand on est en deuil, on ne « surfe » pas sur une vague non plus — malgré ce que j'ai supposé pendant un temps.

On avance sur cette spirale : on évolue, chacun à notre manière, chacun à notre rythme, sur cette spirale de transformation intérieure profonde

Pour se donner une chance, un jour, de se lever un matin avec le cœur enfin un peu plus léger, un peu moins douloureux, un peu plus ouvert à la joie et à la douceur que nous méritons.

Si vous traversez vous aussi un deuil et que vous souhaitez être accompagné(e) dans ce processus, n'hésitez pas à me contacter. Vous n'avez pas à traverser cette spirale seul(e).

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