« Tu es tellement forte. » « Je ne sais pas comment tu fais pour tenir. » « Tu t'en sors admirablement. »
Si vous avez perdu un enfant, vous avez probablement déjà entendu ces phrases. Elles sont dites avec beaucoup d'amour, souvent avec une admiration sincère. Et pourtant, elles peuvent sonner étrangement, voire douloureusement, à vos oreilles. Comme si on vous félicitait pour quelque chose que vous n'avez jamais choisi. Comme si votre douleur devait se transformer en performance.
Il existe une confusion très répandue, et particulièrement sensible dans le deuil parental : celle entre résilience et résignation. Et il existe un piège plus subtil encore, que je rencontre souvent dans mes accompagnements de parents endeuillés : celui d'une résilience qui, à force de vouloir « tenir » et « avancer », se transforme en fuite en avant.
Qu'est-ce que la résilience après la perte d'un enfant ?
La résilience, dans le deuil parental, n'est pas l'absence de douleur. Ce n'est pas non plus « faire comme si ». Un parent résilient n'a pas « surmonté » la perte de son enfant comme on franchit un obstacle. Il l'a traversée, il continue de la traverser, et il apprend, jour après jour, à porter cette absence en lui autrement.
La résilience, c'est pouvoir dire le prénom de son enfant sans s'effondrer un jour, et pleurer à nouveau le lendemain sans que cela soit un recul. C'est un chemin non linéaire, fait d'avancées, de pauses, et parfois de retours en arrière. Il n'y a pas d'étape à cocher, pas de calendrier à respecter.
Qu'est-ce que la résignation ?
La résignation ressemble à la résilience de l'extérieur, mais elle en est presque l'inverse à l'intérieur.
Se résigner, c'est continuer à fonctionner, à sourire, à répondre « ça va » — non pas parce qu'on a traversé et digéré une part de la douleur, mais parce qu'on a cessé d'espérer, cessé de ressentir pleinement, cessé de se battre pour retrouver du sens. C'est une forme d'extinction intérieure derrière une façade qui tient.
La résignation dit : « De toute façon, rien ne le ramènera, alors à quoi bon. » là ou la résilience dit : « Cela a changé ma vie à jamais, et j'apprends, avec le temps, à vivre avec cette absence. »
La différence se joue aussi, et surtout, au niveau de l'énergie.
La résilience, même douloureuse, même lente, reste traversée par une forme d'énergie vitale : celle qui pousse à chercher du sens, à se relier encore aux autres, à espérer malgré tout.
La résignation, elle, correspond à une perte de cette énergie. On continue d'avancer, mais sans élan intérieur, presque en pilote automatique.
C'est souvent ce qui permet de faire la différence, y compris pour soi-même : est-ce que ce que je vis a encore un mouvement, une direction, un souffle — ou est-ce que je fonctionne simplement, vidé de l'intérieur ?
Le piège caché : quand la résilience devient une fuite en avant.
Voici la partie la moins connue de la résilience, et pourtant essentielle à comprendre quand on accompagne des parents en deuil : la résilience elle-même peut devenir un piège.
Cela arrive lorsque la reconstruction, au lieu d'être un processus posé, se transforme en agitation permanente. On reprend le travail trop vite. On se lance dans de nouveaux projets à un rythme effréné. On remplit chaque minute de la journée pour ne jamais avoir à s'arrêter, à ressentir, à se souvenir. On dit « je vais bien » avec une énergie presque suspecte, une force qui impressionne l'entourage… et qui, en réalité, sert surtout à ne jamais s'arrêter face au vide laissé par l'enfant.
Cette résilience démesurée n'est plus une reconstruction : c'est une échappée vers l'avant.
On court, non pas vers quelque chose, mais pour fuir ce qui reste derrière. Le corps et le mental tiennent un temps — parfois des mois, parfois des années — jusqu'à ce que la douleur non traversée finisse par se rappeler à nous, souvent au moment où on s'y attend le moins : un épuisement soudain, une anxiété diffuse, un corps qui parle là où les mots n'ont pas encore pu.
Quelques signes qui peuvent alerter, chez soi ou chez un proche :
Un besoin presque compulsif de « reprendre une vie normale » très vite après la perte.
Une difficulté à ralentir, comme si s'arrêter était risqué.
Un vide ou une angoisse dès que l'agenda se libère.
Un cerveau qui semble incapable de se mettre en pause, même dans les moments de repos.
Le besoin de cumuler les sources de stimulation — regarder une série tout en scrollant son téléphone, par exemple — comme si une seule activité ne suffisait jamais à occuper l'esprit.
Un piège que j'ai moi-même connu.
Je ne parle pas de ce piège de l'extérieur. Je l'ai vécu.
Il y a eu un moment, dans mon propre parcours, où ma résilience s'est transformée, sans que je m'en rende vraiment compte, en échappée vers l'avant. Je tenais, j'avançais, je donnais l'image de quelqu'un qui s'en sortait. Et puis mon corps a fini par dire stop. J'ai vécu un effondrement, et j'ai touché un état dépressif que je n'avais encore jamais connu auparavant.
C'est cette expérience, traversée de l'intérieur, qui m'a appris à reconnaître ce piège chez les personnes que j'accompagne aujourd'hui. Et c'est aussi pour cela que je crois profondément à un accompagnement qui prend le temps — qui ne pousse jamais à « aller de l'avant » plus vite que ce que le corps et le cœur peuvent porter.
Retrouver un chemin plus juste après la perte d'un enfant.
Entre la résignation qui éteint et la fuite en avant qui épuise, il existe une troisième voie : une résilience incarnée, qui prend le temps de sentir, d'exprimer, de comprendre — avant de reconstruire.
Se donner le droit de ralentir. Le deuil d'un enfant n'a pas de calendrier. Il n'existe aucune durée « normale » à respecter, ni pour soi, ni pour son couple, ni pour sa famille.
Distinguer avancer et fuir. Avant de se lancer dans un nouveau projet, une reprise du travail précipitée, ou un rythme effréné, il peut être utile de se demander : "est-ce que je vais vers quelque chose, ou est-ce que je fuis ce que je ressens ?"
Se faire accompagner. Il est souvent très difficile de voir soi-même la différence entre une résilience saine et une fuite en avant déguisée en force, surtout dans un deuil aussi bouleversant que celui d'un enfant. C'est pour cela que j'accompagne les parents endeuillés à travers une approche complète, mêlant coaching de vie, coaching spirituel, hypnothérapie et reiki, pour permettre à chaque dimension — mentale, émotionnelle, spirituelle et énergétique — de trouver sa place dans la traversée du deuil.
Accueillir la lenteur comme une force, pas comme un échec. Il n'y a aucune honte à avancer doucement, à pleurer encore des années après, à ne jamais vraiment « tourner la page ». La véritable résilience n'a rien à prouver à personne.
La résilience, dans le deuil parental, n'est ni une performance ni une obligation de « s'en sortir » rapidement.
Ce n'est pas non plus la résignation silencieuse de celui ou celle qui a cessé d'espérer.
Et ce n'est certainement pas cette course effrénée vers l'avant qui, sous couvert de force, évite soigneusement de regarder en arrière vers l'enfant qu'on a perdu.
La vraie résilience prend son temps. Elle traverse, elle intègre, elle transforme — sans jamais se fuir elle-même. Et surtout, elle reste vivante : portée par une énergie, même fragile, même vacillante, là où la résignation, elle, n'en porte plus aucune.
Si vous avez perdu un enfant et que vous sentez que vous êtes davantage dans la fuite en avant que dans une reconstruction apaisée, un accompagnement en coaching de vie, coaching spirituel, hypnothérapie et reiki peut vous aider à retrouver un chemin plus juste, à votre rythme. Je propose cet accompagnement en présentiel à Gézoncourt, ainsi qu'en distanciel partout en France. N'hésitez pas à découvrir comment je peux vous aider.
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