Deuil parental et rêves : quand la nuit accompagne la \"guérison\".

Le deuil est une route qui serpente, avec des détours, des retours en arrière, et — régulièrement — des rêves qui viennent la ponctuer, comme des étapes sur un chemin que je ne choisis pas.

Je ne rêve pas de ma fille tous les soirs. Ce n'est pas un rendez-vous fixe. Mais depuis son départ, les rêves reviennent, par vagues, à des moments qui ne sont jamais tout à fait un hasard. Une phase difficile, un anniversaire qui approche, une fatigue accumulée — et soudain, un rêve arrive, comme s'il savait exactement quand j'en ai besoin.

Dans mon accompagnement du deuil parental, en tant que coach et hypnothérapeute, je constate que ce phénomène des rêves revient chez certains parents endeuillés. Ce n'est pas propre à mon histoire.

Pour ma part, ils arrivent surtout dans les phases plus difficiles. Comme si mon esprit, en sentant que la charge devenait trop lourde à porter seule le jour, ouvrait une porte la nuit pour m'offrir un espace de "libération", de "guérison".

Le rêve qui revient le plus souvent dans ces moments-là est toujours le même, dans son thème : Camille ressuscite. Ce n'est pas forcément un rêve "cool" à vivre. Il y a toujours cette joie immense d'avoir pu la prendre dans mes bras à nouveau — ce moment-là, je le vis pleinement. Mais l'étrangeté de la scène, et surtout le retour à la réalité au réveil, font que je ne me sens jamais vraiment totalement apaisée par ces voyages nocturnes. C'est plutôt un mélange : la joie du câlin, et le choc de redécouvrir, chaque matin, que ce n'était qu'un rêve.

Et pourtant, avec le recul, je crois que ces rêves viennent guérir quelque chose en moi, à travers leur symbolique. Ce n'est pas un apaisement immédiat, ressenti au réveil. C'est un travail plus profond, plus lent, qui se fait à travers ces images fortes — comme si mon esprit avait besoin de passer par cette mise en scène, aussi troublante soit-elle, pour réparer un peu de ce qui a été brisé.

Et il y a ce moment particulier, juste avant le réveil, où je sens que je vais devoir quitter ses bras. Ce basculement là est le plus dur : on voudrait rester encore un peu, prolonger ce contact, et pourtant le rêve nous ramène, inexorablement, à la réalité.

Au début du deuil, je rêvais que ma fille était toujours vivante et toujours malade, et qu'on se battait encore contre la maladie. Plus tard, mes rêves se sont mis à tourner autour du vide de la séparation. Et plus tard encore, un peu avant les 1 an du départ de Camille, je me suis mise à rêver qu'elle ressuscitait. Il y avait ce rapport à la mort, mais avec ce retour à la vie où je pouvais alors l'embrasser, la prendre dans mes bras de nouveau.

Et à chaque rêve, je me réveille groggy, comme si mon corps avait vraiment vécu quelque chose. La symbolique est forte. Ils suivent leur propre rythme, sans doute plus sage que celui que je voudrais leur imposer.

Ils ponctuent mon parcours comme des balises, sans que je sache jamais à l'avance ce qu'elles vont éclairer. Et c'est peut-être cela, la vraie place du rêve dans le deuil : une présence qui revient, fidèlement, pour nous accompagner là où les mots du jour ne suffisent plus.

Si ces mots résonnent en vous, sachez que vous n'êtes pas seul(e) dans ce cheminement. En tant que coach et hypnothérapeute, moi-même maman endeuillée, j'accompagne les parents confrontés à la perte d'un enfant, à travers un espace d'écoute et des outils adaptés à chaque étape du deuil.

Prenez soin de Vous 💜

👉 Découvrez mes accompagnement du deuil parental