Il y a un an, le temps s’est mis à battre au rythme d’un cœur que l’on disait fatigué. Ma fille était là, sa présence remplissait encore chaque recoin de ma vie, mais le ciel s’était assombri : on nous annonçait que le voyage touchait à sa fin.
Je me suis retrouvée dans cette pièce étroite entre deux mondes. D’un côté, une force de vie immense, une foi qui soulevait des montagnes et qui me soufflait : « Crois-y encore, nourris l’espoir, ne lâche pas sa main. » De l’autre, cette ombre qui suggérait qu’il était peut-être temps d’ouvrir l’espace des "au revoir".
Je n'ai pas pu ouvrir cette porte.
À ce moment-là, mon cœur de maman faisait barrage. Je voulais être son bouclier, son soleil, son ancrage. Dire au revoir, c’était pour moi laisser entrer l’hiver alors que je voulais qu’elle ne connaisse que le printemps.
Aujourd'hui, avec le recul d'une année de silence, je sens un petit point de regret. Pas une culpabilité qui gronde, non, plutôt une mélancolie qui demande à être consolée. Je sens que je ne me suis pas offert cet espace pour moi-même, et qu’en faisant bouclier, j’ai peut-être aussi fermé la porte aux adieux de ceux qui l’entouraient.
Le besoin de réparation
Quand on aime de tout son cœur, on fait son maximum. Et mon maximum, ces jours-là, c’était de rester debout, habitée par l’espoir. Mais l’âme a parfois besoin de finir ses phrases. Aujourd'hui, je sens ce besoin de réparation.
Réparer, ce n’est pas effacer ce qu’on a fait (ou pas fait). C’est ajouter de la lumière là où il y avait du flou. C’est accepter que l’on n’est pas des êtres parfaits, mais des êtres de chair et d’émotions, qui naviguent comme ils peuvent dans la tempête.
Clés de douceur pour apaiser nos regrets
Si vous aussi, vous portez un "au revoir" qui n'a pas été dit, j'aimerais partager avec vous ces quelques pensées pour apaiser ce chemin :
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L’amour ne connaît pas de retard : Un au revoir n'a pas besoin d'être "à l'heure". On peut dire au revoir aujourd'hui, un an après, dix ans après. L’espace du cœur est infini et intemporel. Vous pouvez allumer une bougie, écrire une lettre, ou simplement murmurer ces mots au vent. Ils arriveront à destination, j'en suis certaine.
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Pardonner à votre "Coeur-Combat" : Soyez tendre avec la personne que vous étiez à ce moment là. Si elle n'a pas ouvert la porte aux adieux, c'est parce qu'elle était trop occupée à aimer. Et l'amour n'est jamais une erreur.
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Réparer avec les autres : Si vous craignez d'avoir empêché les autres de dire leur dernier mot, parlez-leur avec votre chaleur habituelle. Dites-leur : « À ce moment-là, je ne pouvais pas faire autrement. » Souvent, on découvre que les autres ont, eux aussi, trouvé leur propre manière silencieuse de dire adieu, dans un regard ou une pensée, même sans que l'espace ne soit "officiellement" ouvert.
Un rituel de lumière
Pour réparer ce regret, j'aime imaginer que l'on peut tisser un fil d'or entre hier et aujourd'hui. On peut s'autoriser, maintenant que le calme est revenu, à dire ce qu'on n'a pas pu dire. Ce n'est pas un adieu de fin, c'est un au revoir de paix : "Je ne t'ai pas dit au revoir hier parce que je voulais te garder un peu plus. Je te le dis aujourd'hui, avec toute la douceur dont je suis capable, pour que nos cœurs soient plus légers." Choisir de ne pas dire au revoir, c'était choisir la vie. Aujourd'hui, choisir de le faire, c'est choisir la sérénité. L'un ne trahit pas l'autre, ils se complètent pour former la plus belle des preuves d'amour.
Et si malgré tout, vous n'arrivez pas à ouvrir cet espace des "au revoir'' même encore aujourd'hui, alors rappelez-vous que vous pouvez néanmoins apaiser vos regrets en offrant simplement de la compassion à la personne que vous étiez alors : une âme qui a choisi la vie jusqu'au bout.
Soyons doux avec nos cœurs. On a fait de notre mieux. Et c'est déjà immense. Et si vous cherchez aujourd'hui à surmonter le regret d'un adieu non dit, sachez que votre amour est le plus beau des messages.
Prenez Soin de Vous 💜
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